Arrêtons de nous justifier, sapristi

Pas un jour sans qu’un coach poste un plaidoyer pour défendre sa certif. et sa déontologie depuis le lancement de film… (et en plus ils se ressemblent tous ou presque parce que majoritairement pondus par chatGPT, mais ça c’est un autre sujet).

Chers confrères, arrêtez de faire ça… Une fiction sur une dérive sociétale n’est pas une attaque en règle de la profession et avoir besoin de justifier son propre professionnalisme face à la posture de quelques exceptions médiatiques va produire à mon sens (et cela n’engage bien entendu que moi) plus de suspicion que de transparence.

Évidemment toutes les écoles et Instituts de coaching en profitent pour vanter les mérites de leur formation, c’est de bonne guerre. Et tous les professionnels déjà certifiés (et qui ont réellement investi pour cela du temps et de l’argent) mettent en avant leur label comme collier d’immunité qui les préserverait à coup sûr de l’incompétence et du charlatanisme. Profitant par la même occasion de réclamer une régulation du marché.

Mais non, non et non ! Tout ceci est une illusion. Les dérives ne sont pas l’exclusivité des métiers non règlementés : par exemple passer l’examen du barreau n’a jamais empêché de devenir un mauvais avocat (ou pire un escroc) et à chaque affaire médiatisée les confrères de ces gens-là n’inondent pas les réseaux pour revendiquer leur propre probité. Parce qu’évidemment quelques cas ne sont pas une généralité et certainement pas le reflet d’une profession. Et ce n’est qu’un exemple qui peut s’appliquer à tous les jobs qui sont pourtant encadrés, autant qu’à ceux qui ne le sont pas.

Alors pourquoi en tant que coach a-t-on à ce point besoin de se justifier ? Je fais partie de ces coachs qui ont choisi de passer une certification dans un institut reconnu, c’est mon choix, mais en aucun cas je ne la brandirai comme un étendard expliquant à elle seule ma compétence. Aucun diplôme, aussi prestigieux soit-il par ailleurs, ne rend compétent. Et heureusement qu’il y a tout le reste pour faire la différence. Il y a bon nombre de pros labellisés avec qui je ne passerai pas une séance et qui pourtant ont leur clientèle. Et c’est très bien ainsi.

Par ailleurs que des coachs non certifiés aient pignon sur rue et gagnent beaucoup d’argent ne me fait pas ombrage, tant mieux pour eux même. Certains sont par ailleurs extrêmement bons et méritent qu’on tende l’oreille. Pour les autres, tant que leurs activités n’entrent pas dans le cadre juridique d’une réelle emprise sectaire et qu’ils font du bien à des gens qui paient leur place de plein gré au même titre que certains fans se ruinent pour suivre leurs idoles en concert, où est le problème ? Que nous soyons pro du secteur ne nous donne pas, de mon point de vue, le droit de juger cela comme moins noble parce qu’un harangueur de foule charismatique (mais non certifié) fait audience.

S’il fait audience c’est qu’il répond à un besoin, besoin que notre société très malade a elle-même créé. Faire commerce de l’addiction spontanée que l’humain peut avoir pour tout ce qui lui fait du bien (réellement ou supposément) peut être philosophiquement discutable, mais si on juge que c’est mal, avant de taper sur certains coachs charismatiques (mais très peu nombreux) qui dérangent, tapons sur les GAFAM, l’industrie de l’alcool, du tabac et du spectacle, revenons aux téléphones à clapet et fermons les salles de sport en janvier pour qu’elles ne profitent pas des bonnes résolutions post réveillon…cela n’aura aucune limite… et être coach certifiée de ne me donne pas plus de légitimité que quiconque pour dire ce qui est du côté de la vertu et ce qui ne l’est pas… et puisque nous nous accordons tous à dire que nous ne sommes pas des sauveurs et que nous aidons nos clients à révéler la force et la clairvoyance qu’ils ont déjà en eux, alors faisons-leur confiance. Ils savent très bien vers qui se tourner en fonction de leurs besoins et de leurs valeurs sans qu’il soit nécessaire de se faire graver un label sur le front pour que tout le monde le voit.

Personnellement je pense pas que l’image que le grand public peut avoir du coaching, ni la pluralité des profils, nuisent à la profession. Bien au contraire. Plus vous normaliserez et contraindrez le process d’accompagnement à se limiter à des critères de légitimité listables pour qu’ils soient labelisables (labelisés par qui d’ailleurs, ça aussi cela peut se discuter – on en parle de l’escroquerie du business Qualipoi ?… ce n’est pas l’heure mais voilà un parfait exemple), plus vous permettrez à nos clients de se passer de nos services. Alimentez n’importe quelle IA d’aujourd’hui avec un pdf de notre charte et elle fera le job avec peu d’humanité, certes, peu d’a-propos et de personnalisation également, mais presque gratuitement, 24/24, et avec une posture chimiquement pure… Est-ce du coup vraiment cela notre plus-value à mettre en avant ?

Plus on normera pour réduire notre humanité et notre personnalité (donc nos imperfections et nos écarts parfois nécessaires pour nous adapter aux besoins de notre client et à la spécificité de sa situation – et pour moi elle est aussi là notre expertise), plus on donnera des raisons à nos clients de se passer de nous…

En tant que pro nous sommes aussi coachés dans le cadre de notre supervision, et j’aimerai encore croire que nos clients choisissent, comme nous, leur coach pour qui il est et non pas ce qu’il prétend être… qu’il soit certifié ou non.

Ce n’est que mon point de vue, qui n’est ni plus ni moins légitime qu’un autre. Au plaisir d’échanger si cela vous dit.

 

Gourou : stop aux faux débats !

Tout ce qui est nouveau perturbe, tout ce qui fonctionne sans être totalement quantifiable est d’office suspect, comme si le  moyen était plus important le résultat… c’est un débat que n’ont pas toutes les personnes qui ont fait appel à un coach et qui ont obtenu des résultats. Si elles sont de plus en plus nombreuses à le faire c’est qu’il y a bien une raison… n’en déplaise aux sceptiques…

Bureau 404, épisode 2

Bureau 404, épisode 2

Episode 2 : miroir, miroir... Anna regarde son verre de rosé comme si la réponse à tout était quelque part entre les...

lire plus
Nous sommes des humains

Nous sommes des humains

On n'est pas des produits...Y'en a marre des discours performatifs à la mode Linkedin-plus-mieux-bien qui empilent les...

lire plus