De la couleur de l’herbe
Que vous décidiez de changer d’abonnement téléphonique, de boite, voire de métier ou même de chéri(e) et j’en passe… il est une rengaine perpétuelle insupportable qui vous sera servie à l’envie par moults cercles qui se veulent bienveillants : « mais enfin, l’herbe n’est pas plus verte ailleurs »…. assortie d’un mouvement d’épaule, d’un soupir las ou d’une levée de pupille vers le plafond pour appuyer ce que les conseilleurs (non payeurs) récitent comme un mantra au service de l’immobilisme vertueux.
Sous prétexte que le paradis absolu n’existe pas (ce qui est vrai) alors il ne servirait à rien de chercher à améliorer certains paramètres. Comme s’il était indécent de trouver mieux pour soi, comme si c’était un affront pour tous ceux qui n’ont pas le mêmes besoins ou pas le courage de les satisfaire.
Et si cela ne suffit pas à brider vos envies de changements, alors l’artillerie lourde sera sortie. Le pilotage par la peur qui est devenu un mode de vie trouvera des relais partout pour vous rappeler tous les risques que vous prendriez si vous tentiez quand même de servir vos lubies. Rien de vous sera épargné dans l’interminable dénombrement qu’on vous égrènera quotidiennement : tout ce qui pourrait mal se passer, tout ce que vous pourriez perdre, tout ce que cela pourrait vous coûter, et in fine tous les regrets que vous pourriez avoir. Mais jamais, ô grand jamais, la liste ne commencera par tout ce que cela pourrait vous apporter, et elle vous dira encore moins que ce sont pourtant ces bénéfices qui ont la plus grand probabilité de survenir.
Chaque changement mériterait d’être analysé comme une notice de médoc’ : d’abord toutes les bonnes raisons que vous avez d’avaler la pilule et, pour info, tous les effet secondaires rarissimes qu’il convient de connaitre pour agir en consommateur avisé. Ni plus ni moins. Vous ne vous privez pas de Doliprane parce qu’une personne sur 100 000 a au mal au ventre pendant les tests de mise sur le marché ? Alors pourquoi prendre vos décisions sur la base de l’analyse du risque maximal potentiel qui a pourtant très très peu de chance d’arriver ? Il ne s’agit pas de l’ignorer bien sûr, mais l’analyser à sa juste mesure, l’anticiper autant que possible (et accepter que le risque zéro, c’est comme le paradis où l’herbe est plus verte pour tous, cela n’existe pas non plus), et surtout ne pas s’en servir d’excuse pour renoncer. Et encore moins pour le faire payer à ceux qui essaient.
Alors, la prochaine fois qu’on vous resservira ce poncif botanique, n’hésitez plus répondre : « Non l’herbe n’est pas plus verte ailleurs, mais la nuance de vert de là où je vais me convient mieux, à moi. Si moi je peux tolérer que le vert d’ici vous convienne, j’attends de la réciprocité et non votre bénédiction. Si cela chatouille votre incapacité à changer, parlez-en à votre psy mais ne me coupez pas l’herbe (même jaune et aigrie) sous le pied. »
Assumez le terreau dont vous avez besoin pour pousser. Les plantes au mauvais endroit végètent ou dépérissent. Oui l’adaptation existe mais une vie d’homme est un temps trop court pour transformer un hibiscus en cactus, alors respirer et analysez vos réels besoins, une fois fait… allez les chercher.
Si je n’ai jamais hésité à changer de jardinière à chaque fois que je me suis sentie faner, je me prépare désormais à carrément changer de jardin. Ce nouveau jardin sera pour moi un nouveau pays au terreau qui convient mieux que la version française pour moi devenue toxique. Aucun jugement de valeur ni pour ceux qui partent, ni pour ceux qui restent. C’est une décision individuelle que j’assume et pour laquelle je ne me justifierai pas plus que nécessaire. Peut-être dans un autre article mais ce n’est pas le sujet. Je vais troquer l’herbe contre du sable africain, pace que c’est mon histoire et que c’est ce qui me convient, ni plus ni moins (et oui encore) et c’est déjà beaucoup.
S’il y a quelque chose que vous valez bien, c’est bien mieux que du shampoing anti-rides (si si cela finira par exister) ou du fard à paupières aux OGMs : vous méritez de trouver le terreau qui vous convient. Et ne commencez pas à lever le poing, ce n’est de la responsabilité d’aucun représentant étatique, uniquement la votre. Si vous ne le faites pas, personne ne le fera à votre place. Et c’est très bien ainsi, ne confiez à personne les choix de votre histoire. La valeur de votre découverte ne se comptera pas en kilomètres d’éloignement mais en taux d’adhérence de la tangente à cette nouvelle trajectoire avec qui vous êtes ici et maintenant. Même si vous n’avez jamais aimé les maths, vous aurez quand même compris l’idée à coup sûr.
Je vous souhaite de trouver le chemin qui vous correspond. Si vous avez besoin d’aide vous savez bien, si vous me lisez de temps en temps, que tata Ginette est une excellente option. Si elle est débordée, je reste joignable mais d’autres seront aussi à la hauteur, surtout s’ils ont du passif pour enrichir vos réflexions et qu’ils ne prétendent surtout pas vous donner des conseils bienveillants. Et les oryx seront bien gardés.
Soyez fier de quoi vous êtes et surtout, prenez soin de vous (et par extension des vôtres).
Céline, testeuse naïve de chemins de vie 😉
Que vous décidiez de changer d’abonnement téléphonique, de boite, voire de métier ou même de chéri(e) et j’en passe… il est une rengaine perpétuelle insupportable qui vous sera servie à l’envie par moults cercles qui se veulent bienveillants comme un mantra au service de l’immobilisme vertueux.
Cela vous fatigue ? Moi aussi et je vous dis pourquoi dans cet article.
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